"Hitler ... connaît pas"
... aurait répondu un candidat au bac des années 70 ...
La question me'avait été posée au Bac en 1953  ...  Cinquante ans plus tard  l'envie m'est venue de refaire ma copie ... pour, peut-être, aider ceux de mes neveux et nièces qui pourraient être désorientés s'ils tombaient sur le sujet ...Un bon livre : "La deuxième guerre mondiale" de William L Smith (journaliste américain qui a suivi l'aventure d'Hitler depuis le putsch manqué de la Bürgerbraükeller 1923 jusqu'au procès de Nuremberg )
En rouge, toujours pour les cousins,  quelques indications sur l'activité de mon père et celles de quelques autres personnages de la base  à cette période ... Voir sur sa fiche, en notes,  quelques liens et renvois "imbriqués")

Hitler fut le créateur du III° Reich  ((le premier étant le Saint-Empire, le second celui fondé par Bismarck après la victoire de Sedan en 1870).
Il dirigera l'Allemagne de 1937 à 1945 dans le cadre de la "revanche" allemande contre les disposition du traité de Versailles (1918)
Dans un premier temps il annexa "pacifiquement" l'Autriche et la Tchécoslovaquie (1938)
Après avoir signé un pacte de non agression avec la Russie, (à l'époque, la GB refusa de signer un pacte similaire), il déclencha la "Deuxiième Guerre Mondiale" 1939 -1945 ... en envahissant  la Pologne qui avait signé des traités d'alliance avec la France et l'Angleterre
Les armées de l'Axe (Allemagne-Italie-Japon)  envahirent  la quasi totalité de l'Europe et une partie de l'Afrique du Nord (1942)
Le Japon mènera la "Guerre du Pacifique" ... L'attaque de Pearl Harbor (7 décembrer 1942) entraînera les Etats Unis dans la guerre
Dans un deuxième temps après le renversement de l'alliance avec l'URSS, et grâce à l'intervention des Etats Unis, les troupes de l'Axe durent capituler (Italie en Novembre 1943, Japon en août 1944, Allemagne en mai 1945).


Hitler naquit en 1889, son père Aloïs avait pour père un meunier autrichien du nom d'Hiedler ... qui abandonna sa concubine à la naissance de son fils ... ce dernier fut élevé sous le nom de sa mère : Schicklgruber ... Hiedler réapparu 30 ans plu tard  sous le patronyme de "Hitler" ... et reconnut alors Aloïs dont Adolf Hitler fut le troisième enfant. ( Charisme d'un patronyme : "Heil Schicklgruber ! " ?)
Engagé dans l'armée prussienne, Hitler termina la guerre caporal puis milita à Munich dans un petit parti antimarxiste fondé par un Anton Dresder avec pour objectif d'obtenir une révision du "honteux" traité de Versailles.
De  20 à 24  ans il traîna à Vienne une vie misérable d'artiste sans talent.

Hitler admirait Wagner lui même très influencé par la pensée de deux personnages atypiques :  Houston Stewart Chamberlain, un des Anglais les plus extraordinaires qui aient existé et  le comte Joseph Arthur de Gobineau, diplomate et écrivain français (pour l'un et l'autre, voir la base généalogique)
Tous les deux possédaient une grande érudition, une culture profonde, une vaste expérience acquise au cours de leurs voyages. L'un comme l'autre, pourtant, élabora une doctrine raciale si bizarre que nul peuple ne la considéra sérieusement (même pas leurs compatriotes), à l'exception des Allemands, qui prirent leurs douteuses théories pour évangile. Il n'est probablement pas excessif de regarder Chamberlain comme le fondateur spirituel du troisième Reich. Ce singulier Anglais, qui en vint à voir dans les Allemands les membres de la race maîtresse et l'espoir de l'avenir, adora Richard Wagner, dont il épousa une des filles; il vénéra aussi Guillaume Il, puis Hitler ; il fut leur mentor et l'inspirateur de la doctrine hitlérienne

Doué de talents d'agitateur, de meneur et d'orateur, Adolf Hitler prit rapidement la tête du mouvement qui devint (en 1920) le Parti National Socialiste (nazi) ... disposant d'un journal devenu quotidien le "Völklisher Beobachter" . A partir de 1923 il reçu des concours financiers de la part de grandes familles industrielles de Munich. Le climat économique se dégradait de jour en jour, l'inflation ne connaissait plus de bornes (en Novembre 1923 le dollar valait 4 milliard de marks)
Hitler cru que son heure avait sonné : pourtant le coup de force qu'il tenta à la brasserie le Bürgerbraükeller, le 8 novembre 1923, se solda par un échec pour le petit Parti nazi. Hitler fut traduit en justice mais ne fut condamné qu'à quelques mois d'emprisonnement.  Son éloquence mise au service de son projet de détruire la république de Weimar dont il rendait les dirigeants responsables de l'abaissement de l'Allemagne lui avaient valu la sympathie de l'armée et des mouvements d'extrême droite sensibles à ses idées.

Au cours de son emprisonnement dans la forteresse de Langsberg, Hitler rédigea son "Mein Kampf" ("mon combat" ) dans lequel il développait le projet  à la mise en œuvre duquel il entendait se consacrer : Weltanschauung soit :  regrouper sous la tutelle d'un dictateur (= Fuhrer) dans un territoire élargi (= lebensraum) par des guerres de conquête à l'Est, les peuples de  race allemande (= aryens), encore éparpillés en Europe (Autriche, Sudètes de Pologne, Tchécoslovaquie  ...)   pour dominer le monde entier (Deutschland uber alles) après avoir asservi les races inférieures (russes, juifs = untermenshen).
Tout était dans cet ouvrage, publié en 1925, puis réédité et complété tous les ans, par centaines de milliers d'exemplaires à partir de 1933 ... dans l'indifférence des chancelleries étrangères, même après la fondation du III° Reich. (en 1925 mon père est officier des Affaires Indigènes dans le Sud Marocain à Erfoud)

Cependant, à partir de 1925 la situation économique de l'Allemagne se redresse dans un climat de prospérité matérielle : Hjalmar Horace Greeley Schacht, ministre des finances,  profitait du plan Dawn signé avec les alliés pour redresser la monnaie et les capitaux Américains affluaient, permettant aux Allemands d'emprunter pour payer les dommages de guerre ...
Cela dura jusqu'à la crise économique qui s'abattit sur les Etats Unis et l'Europe en 1930 ... Alors commença l'ascension irrésistible du parti d'Hitler de 800 000 voix en 1928 (12 sièges au Reichstag, 30% des voix), il en comptait 13 millions en 1932, (230 sièges au Reichstag,  37% des voix) ... Le 30 Janvier 1933, après un certain nombre de crises gouvernementales,  Adolf Hitler devenait Chancelier d'Allemagne sous la présidence du vieux maréchal Hindenburg. Hitler dirigeait un cabinet minoritaire s'appuyant sur le parti Nazi, lencore minoritaire, mais le seul organisé .. Un mois après, le Reichstag est incendié (on accusa les communistes), le parlement fut dissous, et le 5 mars 1933 après de nouvelles élections Hitler disposait d'une majorité de 16 voix au parlement (288 sièges plus les 52 sièges des nationalistes)...

Le 21 mars 1933 Hitler obtenait les pleins pouvoirs, le 14 juillet le parti Nazi restait, après dissolution de tous les autres,  le seul parti politique d'Allemagne. Les syndicats ouvriers avaient déjà été dissous... à la satisfaction des milieux d'affaires, les Juifs étaient brutlement écartés de la vie publique et des professions libérales, l'indépendance des tribunaux était étouffée, toutes les associations démocratiques étaient supprimées, l'éducation des jeunes Allemands, de 6 à 25 ans était encadrée par le "parti" qui étendait sa domination dans tous les secteurs de la culture (sciences, literrature, histoire, peinture, architecture ... la musique seule échappa en partie à sa tutelle) .  Le 14 octobre l'Allemagne quittait la Société des Nations et la Conférence du Désarmement. (1933 est la date du mariage de mes parents, mon père est capitaine au ?° Spahis, )

De 1935 à 1938 Hitler prépare son agression contre la France ....

Ce fut d'abord le tour de l'Autriche. Le 12 mars 1938, Hitler, après s'être assuré que ni la Grande Bretagne, ni l'Italie, ni la Tchecoslovaquie (il semble qu'Hitler ne jugea même pas necessaire de s'enquérir des intentions de la France qu'il savait isolée et était ce jour là sans gouvernement -Léon Blum sera nommé le 13-), ne réagiraient militairement, prétextait un appel du gouvernemnet Autrichien pourn envahir l'Autriche. 
Dans un climat de terreur, au référendum organisé par les nazis le 10 Avril, les Autrichiens votèrent "Ja" à  99% (chiffres officiels) ...  Hitler n'attendit même pas les résultat du référendum pour faire à Vienne le 14 avril 1939,  une entrée triomphale !  Le même jour,  Chamberlain acceptait le fait accompli devant les communes ... "rien ne pouvait l'empêcher à moins que notre pays fut décidé avec d'autres à employer la force" et refusa catégoriquement à envisager que la grande Bretagne "puisse s'engager à venir en aide à la Tchécoslovaquie si cette dernière venait à être attaquée". Dans le même temps, la Russie assurait qu'elle  n'interviendrait pas pour venir en aide à "un état bourgeois"

Vint donc ensuite le tour de la Tchécoslovaquie, une entité politique crée après le traité de Versailles qui comprenait la Slovaquie, la Moldavie et la Bohème.
Alliée à ses voisins de la région des Balkans, la Tchécoslovaquie qui avait signé "le Traité Franco-Russe d'assistance" et dont la frontière avec l'Allemagne était très bien défendue (comparable à la ligne Maginot) aurait représenté une force très dangereuse pour l'Allemagne, en cas de conflit international.
Le prétexte avancé par Hitler fut de  "libérer" la minorité allemande  (4 millions, dans le pays des  Sudètes) .. qui occupaient la zone stratégique pour la défense du pays (comparable à la ligne Maginot)
Le 21 août 1938,  Chamberlain avait été averti par son ambassadeur à Berlin, lui même prévenu par le colonel Oster qui, avec d'autres officiers allemands, conspirait contre Hitler, qu'une intervention Franco-Britanique immédiate provoquerait la chute du régime ...  Chamberlain prit cette information pour une action de "désinformation".
Le 15 Septembre 1938, à Berchesgaden, pour éviter un conflit, il fit pression sur le gouvernement Tchèque pour qu'il accepta l'ultimatum d'Hitler et donna à ce dernier des assurances de non intervention en cas de rattachement, assurances qu'il s'employa le 18 septembre à faire ratifier par son cabinet et le gouvernement Français dirigé par Daladier (le Traité Franco-Russe d'assistance à la Tchécoslovaquie étant remplacé par une vague garantie internationale en cas d'attaque non provoquée)
Le 22 Septembre 1938, à Godesberg, Hitler  exigea que la zone des Sudètes puisse être immédiatement "occupée" par les troupes du Reich ...  Chamberlain  accentua encore sa pression sur le gouvernement de la Tchécoslovaquie...
Dans le même temps Hitler s'assurait de la non intervention de l'Italie, de la Hongrie et de la Pologne qui comprirent qu'elles auraient chacune leur part de buttin lorsque que serait démembrée la Tchécoslovaquie
Le 30 Septembre 1938 les Tchèques abdiquèrent  et ce furent les accords de  "Munich" les alliés autorisant l'Allemagne à s'emparer de la zône qu'elle convoitait ...  
Dans les semaines suivantes, après avoir promis l'indépendance à la Slovaquie, Hitler s'emparait de la Moldavie et de la Bohème ... (mises sous "protectorat" ) puis mettait la Slovaquie sous tutelle ... sans aucune réaction militaire des alliés (dans chaque cas Hitler avait fait état de demandes urgentes d'intervention des gouvernents concernés   pour mettre fin à de prétendus troubles intérieurs dont la presse Allemande, manipulée par Goebbels, se faisait largement l'écho ... )
La Hongrie l'Italie et la Pologne obtenaient les "compensations" territoriales promises.

Le 17 mars 1939, Hitler était rentré dans Prague à la tête des troupes  allemandes sans la moindre opposition des Franco-Anglais  ... Alors  Chamberlain sous la pression des Communes et de l'opinion publique ouvrit enfin les yeux : la politique anglaise se renversait .... Si, avant cette date, le cabinet de  Chamberlain porte le plus lourd de la responsabilité de la non intervention des forces Anglo-Françaises, à partir de cette date ce fut l'Angleterre qui entraina la coalition à combattre les desseins hégémoniques d'Hitler.

"On vient nous dire maintenant que cette agression a été rendue nécessaire par des troubles qui auraient éclaté en Tchécoslovaquie. S'il y a eu vraiment des troubles, n'ont-ils pas été fomentés de l'extérieur? Assistons-nous à la fin d'une ancienne aventure ou au début, d'une nouvelle? Cette attaque contre un petit État est-elle la dernière ou sera-t-elle suivie de beaucoup d'autres? Ne s'agit-il pas, en réalité, d'une nouvelle étape vers la domination du monde, par la: force?.. Certes, je ne suis pas disposé à prendre, au nom de notre pays, des engagements nouveaux et mal définis, dépendant de conditions actuellement imprévisibles, pourtant on commettrait une très grave erreur en supposant que notre nation, parce qu'elle considère la guerre comme une chose cruelle et insensée, a perdu tout ressort, au point de ne pas riposter, avec toutes ses forces, à un tel défi, s'il venait à lui être lancé"

Ceci dit, la responsabilité de l'Angleterre reste grande  : sept ans plus tard, à Nuremberg, les experts militaires allemands furent unanimes pour déclarer que si la guerre avait été déclarée en 1938, l'armée allemande (dont les chefs étaient alors opposés à la guerre, au même titre que Mussolini) aurait été rapidement battue par une coalition Tcheco-Franco-Britanique ...sans parler de la Russie ... Le cabinet de  Chamberlain par son action diplomatique avant Munich, puis par son hésitation à signer une alliance avec la Russie, est incontestablement responsable de l'évolution de la situation dans les six mois qui suivirent .... La France allait se retrouver sans moyens de défense sous la botte Allemande (l'aide militaire anglaise fut de : trois divisions qui se rembarquèrent précipitamment sans apporter d'aide efficace au réembarquement des troupes francaises qui étaient acculées avec les siennes à Dunkerque ). Par la suite l'Angleterre ne cessa de stigmatiser la défection de la France, participa à la destruction de sa flotte au motif qu'elle risquait d'être mise à la dispositon de l'Allemagne et tint en uspscion le Gouvernemeny proisoire du Général qui pourtant accusait le Gouvernement de Vichy de "trahison".

Car vint bien sûr le tour de la Pologne ... Hitler exigeait un accès à la Mer du nord dans le "Corridor de Dantzig"  .. Mais son but était bien de détruire la Pologne pour compléter le "lebensraum" auquel il avait fait référence dans son "Mein Kampf".
Le 23 mars 1939   l'Allemagne annexait Memel (Lituanie)
Le 2 mai 1939 Hitler signait ave Mussolini le "pacte d'acier" ..  qui sera rompu le  13 novembre 1943
Le 23 Août 1939 était signé le "pacte de non agression Germano-Soviétique," rompu le 22 Juin 1941 (La Russie avait tenté de signer un traité similaire avec l'Angleterre) ...  En France, et ce jusqu' 21 juin 1941  le parti communiste multipliera les actions pro allemandes ...
Franco assurait  à l'Allemagne une neutralité bienveillante de l'Espagne mais passive ... la "route espagnol" restera  la voie privilégiée par les résistants qui passeront en Afrique du Nord
Mussolini peu soucieux d'entraîner son pays dans la guerre eut la main forcée et ...
Dans la nuit du 31 août au 1er septembre 1939  les Troupes Allemandes rentraient en Pologne ...

Le 3 septembre 1939,  La France et l'Angleterre déclaraient la guerre à l'Allemagne (conformément à l'accord qui les liait à la Pologgne) mais leurs troupes resteront l'arme au pied jusq'au 10 mai 1940 date de l'envahissement des Pays Bas, du Luxembourg et de la Belgique par les troupes allemandes .... Encore un délai accordé à Hitler pour consolider son armée et replacer sur le front Ouest (ligne Siegfried) les troupes engagées en Pologne
Hitler en profitera pour envahir le Danemark (qui se couche rapidement, le roi Christian X, restera sur place) et la Norvège : important point d'accès à l'Atlantique Nord, et necessaire à l'approvisionnement du minerai de fer suedois en hiver quand la Baltique est gelée ( (Trahison de Quisling, Narwick : 13-20 Avril, Le roi Haahon VII se réfugie en Angleterre)...  prise de Dantzig 5 mai 1940)
Les Russes, de leur côté,  envahissent la Finlande (12 mars 1939)  et le Pays Baltes

Après une guerre éclair (
lire les 60 jours qui éblanlèrent l'Occident, Benoiît Méchin), la Belgique dépose les armes (Lépopold III capitule contre l'avis de son gouvernement et sans avertir ses alliés, La Hollande est envahie (la Reine Wilhelmine se réfugie à Londres) puis  la France est écrasée (mon père  était  capitaine depuis le 24/12/33, affecté à l'EM de la 61 DI  le 2/9/39, affecté à la 1° brigade de dragons portés le 17/12/39 ... à la bataille de  Sedan le 10 mai 1940 ...  il était à l'EM de la 6° BLM (depuis le 20/4/40) dans la II° armée d'Huntzinger ... à la bataille de  Sedan le 10 mai 1940 il fera parti des derniers rescapés qui purent s'embarquer à Dunkerque(premiers jours de Juin) ...  Nous serons sans nouvelles de lui pendant deux mois...   Est-il resté en Angleterre jusqu'à l'armistice ?   (il ne sera nommé Chef d'Escadrons que le 16/12/1940)
L'armistice est signé
le 25 juin 1940  ...  45% du territoire français est  "occupé" ... le reste restera "sous influence"  ... jusqu'à son invasionpar les troupes allemandes  le 11 novembre 1942 ... (27/11/42 sabordage de la flotte à  Toulon)

Le Maréchal Pétain 1856-1951, élu chef de l'Etat  le 10/7/1940 (il avait donc 84 ans), ayant opté pour rester en France, et utiliser son prestige de "vainqueur de Berlin" pour éviter à la France de tomber sous la coupe d'un "Gauleiter" manoeuvra comme il put entre les récifs,  promettant sous la contrainte ce qu'il ne pouvait refuser, et traînant les pieds pour "collaborer"  ... plébicité en 1941, il sera emmené en Allemagne le 20 Août 1944, rentra en France le 26 Avril 1945,   jugé et condamné en Août-Novembre 1945 ... 


Extention des conquètes allemandes en Europe
18 8 - 10 09 1940 Bataille d'Angleterre (Bombardements aériens)
27/3/1940 Coup d'état anti allemend en Yougoslavie
6/4/1941 Hitler envait la Yougoslaie et la Grèce
10/5/1941 Hesse part pour l'Angleterre
21/6/1941 Hitler délare la guerre à la Russie (Barberousse)
7/12/1941 "Nacht und Nebel" (les opposants sont enlevés ... et "disparraissent" sans laisser de traces ...C'est aussi l'attaque de Pear Harbor par lesJaponais : Les américains rentrent en guerre.

On ne peut pas évoquer Hitler et le régime nazi en Europe sans parler du génocide de la race juive (conformément au programme annoncé dans  "Mein Kampf" 17 ans plus tôt)  organisé de façon systématique à compter de 1942 (6 millions de personnes mourent  dans les camps d'exterminationsur (Vernichtungslagers) une popopulation juive européenne estimée à 8,3 millions) ...

Il faut également insister sur l'effroyable réalité des camps de travail dans lesquels furent internés les opposants et les prisonniers de Guerre (7 500 000 personnes, main d'oeuvre destinée à compenser la présence sous les drapeaux de la majorité des Allemands)

Les étapes de la victoire des alliés contre le nazisme
18 Mai 1941 Election de mon père à la tête du "Mouvements Compagnons de France" (créé sous le Gouvernement de Vichy lLe 25/7/1940  par Henry Dhavernas)
22 juin 1941, les troupes nazies envahissent l'URSS qui rentre en guerre au côté des alliés, ouvrant ainsi le deuxième front qui sera décisif dans la chute du régime nasi (Libération  de Stalingrad investie le 18 novembre 1942,  libérée par les Russes le 31 janvier1943) ... Bien sûr Staline avait ét averti des préparatifs d'Hitler ... mais il ne crut pas ses informateurs et les 100+ divisions massées par lui face à l'Ouest n'étaient pas en alerte ... en deux jours les troupes nazies avaient largement pénétré le territoire russe ...
7 décembre1941  Pear Harbor ... Les américains rentrent en guerre
Eté 1942 création par mon père du réseau "Druides" (personnel choisi dans l'encadrement "Compagnons" pour faire du renseignement militaire. le réseau utilisera le réseau "Alliance" pour trnsmettre les renseignements en Angleterre)
8 novembre 1942 débarquement américain en  Afrique du Nord .... en France les allemands envahissent la zone libre
27 novembre 1942 la flotte française se saborde à Toulon (pour ne pas tomber aux mains des Allemands)
15 décembre 1942 Echec nazi devant Moscou
31 janvier 1943 Libération  de Stalingrad (investie le 18 novembre 1942)
30 mars 1943 Bombardement de Cologne par la Royal Air Force (des milliers de morts)
26 juin 1943 Victoire allemande de Rommel à Tobrouk  en Lybie (Il sera battu à El Alamein le 3 Novembre : par Mongomery)
10 juillet 1943 déparquement allié en Sicile
12 juillet 1943... en dépit d'une contre attaque allemande en Ukraine, la prise d'Orel , sonne le début de la défaitedes troupes  allemandes sur le front  l'Est)
12 septembre 1943 débarquement français en Corse
(5 octobre mon père rentre dans la clandestinité ... il continu à diriger le "Mouvement Compagnons" et le réseau "Druides" ....  Nous ne le verrons plus avant la Libération)
13 novembre 1943 Mussolni est déchu ( fait prisonier, il sera libéré par un commando nazi, réinstallé en Italie du nord, pour être finallement assassiné par des partisans) et l'Italie déclare la guerre à l'Allemagne
21 janvier 1943 dissolution du "Mouvement Compagnons"
Début 1944 Rommel cherche, sans succès, à traiter avec les alliés Anglo Américains
20 juillet 1944 attentat contre Hitler (voir sur le site généalogique Klaus Berthold von Stauffenberg ... Hittler en sortira vivant mais très diminué physiquement )
6 août 1944 débarquement Anglo-Américain en Normandie ... leurs troupes prendront celles d'Hitler en tenaille et  éabliront le contact avec les troupes soviétiques  en Mai 1945 sur une ligne qui en gros correspondra au "rideau de fer"
du 18 au 25 Août1944 Libération de Paris ( mon père est intervient pour libérer les Invalides)
20 Août 1944 Arrestation Pétain (séjour à Sieguemaringen)
11 Février 1945 conférence de Yalta
26 Avril 1945 Retour volontaire de Pétain en France
30 avril 1945 arrivée des Soviétiques à Berlin, suicide d'Hitler
7 mai 1945 capitulation de l'Allemagne nazie à Reims
2 septembre 1945 rédition du Japon  (6 et 8 août : Hiroshima et Nagasaki)
La "Libération" (1945-1946) fut l'occasion d'effroyables règlements de comptes entre ces différents groupes
Mon père sera "cassé" de son grade de commandant ... en raison de son rôle à la tête des "Compagnons de France"
Le général Béthouard en fera son chef de cabinet civil en Autriche fin 1945,
en 1946 il sera réintégré et nommé lieutenant-colonel commandant le 1° Chasseur d'Afrique à Rabat ... il quittera l'Armée en 1949

....

Cartes extraites du livre de William L Smith

En 1943, les territoires occupés par "l'Axe" comprenaient donc, en plus de la France, la Norvège, l'Ukraine, la Roumanie, la Bulgarie, la Yougoslavie, la Grèce, la Tunisie, la Lybie et l'Ouest de l'Egypte ... la Finlande et  les Pays Baltes étaient occupés par les Russes.


Libération
1944-1945 : Les armées allemandes sombrent dans l'étau russo-américain


Voir le Diaporama (mdp : Utilisateur bicou: mdp bicou123 )

Pour le théatre du Pacific Voir aussi http://houot.alain.pagesperso-orange.fr/Hist/guerre39_45/gdeux.html

  Nous avons tué le mauvais cochon!
Depuis quarante ans, les opinions ont beaucoup évolué, en particulier: chez les historiens.    ..
Les jeunes historiens soviétiques de 1984 sont à peu près persuadés que la plus grande faute de Staline a été de réclamer des Alliés avec une telle insistance la création d'un second front. Ils estiment que sans le débarquement de Normandie, l'Armée rouge aurait avancé jusqu'à l'Atlantique et que le communisme mondial aurait gagné une génération.    .
Les historiens américains de la « jeune école» ont, de leur côté, la conviction que la plus grande erreur des Alliés a été le débarquement en Normandie, considéré comme une hécatombe criminelle. Si, selon cette thèse, les Alliés avaient répondu aux appels du maréchal Rommel et de ses amis, au début de 1944, le débarquement . aurait eu lieu sans une seule victime et les forces saines de l'Allemagne auraient, avec les Alliés, stoppé à temps l'invasion communiste dans l'est de l'Europe.    .    .
Churchill semble d'ailleurs s'en être rendu compte plus tard lorsqu'il affirmait, à La Haye en 1948.: « Nous avons tué le mauvais cochon! »    '.   
Nul ne peut refaire l'histoire, mais nul- doute que  les deux thèses soient défendables. ... Si on avait pu éliminer Hitler à un moindre prix, pourquoi avoir accepté Staline et ses abus inqualifiables ?

  Si vous averz un doute sur ce que fut l'intervention bolchevique en Allemagne en 1944-45 ...  lisez : "La Grande débacle", de Jacques Delaunay  "(Albin Michel 1985)

Le temps était exécrable, une pluie incessante comme on en trouve si souvent en Pologne à l'automne. Les civils allemands qui habitaient au-delà de la frontière de Prusse orientale avaient jugé le moment venu de regagner le Vaterland. Le souvenir des Russes de 1914 qui, en cette région, avaient sans motif massacré les hommes, violé les femmes et brûlé les habitations était resté très vif.
Après cette réaction de bon sens, ces civils se mirent en route, suivant l'armée allemande et précédant l'Armée rouge, mais chose curieuse, inexplicable, ils s'arrêtèrent dès que fut franchie la frontière allemande. Ils semblaient croire que la rivière Angerapp était une protection suffisante face aux chars russes.
Dès le samedi 21 octobre 1944, en fin de matinée, 8 chars russes de la lIe Armée de la Garde (général Galitzky) atteignirent la rivière, sur la route Gumbinnen - Goldap. Le nom du village: Nemmersdorf.
Pour les Soviétiques, c'est le premier territoire allemand, le but d'une longue bataille, la fin de trois années d'occupation très sévère avec nombre d'horreurs et d'atrocités.
Les chars foncent dans la colonne de réfugiés. Ils écrasent les voitures, pillent les bagages et détruisent ce qui ne les intéresse pas. Le carnage va durer toute la journée jusqu'à l'ordre de Galitzky qui commande aux chars de passer la rivière: l'offensive s'arrête là. Il faut attendre le rétablissement des communications jusqu'à la nouvelle offensive qui aura lieu le 12 janvier 1945.
La compagnie du Volksturm est chargée de déblayer: le terrain et de reprendre en main Nemmersdorf.
Trois témoins majeurs se souviennent... Le chef du Volksturm, Karl Potrek, de Koenig berg; le capitaine Fricke, de l'Abwehr III, et le général major Erich Dethleffsen, chef d'état-major de la IVe Armée allemande (général Hossbach).
Potrek fut en quelque sorte le premier témoin et livre une description effroyable:
« Toutes les voitures étaient complètement détruites par les chars et se trouvaient soit au bord de la route, soit dans le fossé. Les bagages étaient pillés, cassés ou déchirés, donc complètement détruits... Toutes les affaires des réfugiés furent transportées dans l'église du village. Nous n'avons pas trouvé les réfugiés eux-mêmes. A la sortie du village en direction de Sodehnen-Nemmersdorf il y a une rue à droite qui mène aux fermes des alentours. A la première ferme, à gauche de cette rue, il y avait un chariot à ridelles. On y avait cloué par les mains quatre femmes nues en position de crucifixion. Derrière la brasserie" Weisser Krug ", en direction de Gumbinnen, il y a une place avec le monument au Soldat inconnu. Derrière cette place, il y a encore une grande brasserie, " Roter Krug ", avec une grange. Sur chacune des deux portes de la grange, il y avait une femme nue clouée par les mains en position de crucifixion.
« Ensuite, nous trouvâmes dans les maisons en tout 72 femmes et aussi des enfants et un homme âgé de 74 ans. Ils étaient tous morts et presque tous tués d'une manière bestiale, sauf quelques uns tués par des coups dans la nuque. Parmi lès morts, il y avait aussi des nourrissons avec le crâne cassé par un objet dur. Dans une pièce, nous trouvâmes, assise sur un divan, une femme âgée de 84 ans qui était déjà morte. Il lui manquait la moitié de la tête qui, apparemment, avait été tranchée par le haut vers le cou, avec une hache ou une bêche. Nous devions amener ces cadavres au cimetière du village, où ils resteraient, car une commission étrangère de médecins était annoncée pour examiner les cadavres. Mais ces cadavres restèrent là trois jours, sans qu'on voie arriver cette commission. Entre-temps, il y eut une  infirmière d'Insterburg, originaire de Nemmersdorf, qui vint y chercher ses parents. Parmi les tués, elle trouva sa mère de 72 ans et aussi son père de 74 ans, qui était le seul homme parmi ces morts. Cette infirmière constata que tous les morts étaient des habitants de Nemmersdorf. Le 4e jour, on enterra les cadavres dans deux fosses. Le lendemain seulement arriva la commission des médecins .et il fallut ouvrir encore une fois les tombes. On amena des portes de grange et des tréteaux pour que la commission puisse les examiner. On constata uniquement que toutes les femmes ainsi que des, filles de 8 à 12 ans avaient été violées, ainsi que la vieille femme aveugle âgée de 84 ans. Après le départ de la commission, les cadavres furent enterrés définitivement. »
La commission médicale était une initiative de Goebbels qui voulait utiliser ses conclusions à des fins de propagande. Nous y reviendrons.
--------------------------------------
    Dès que les civils tombent dans les mains des Russes, les sévices commencent.
    Mme E. D. raconte:
. «Les soldats russes m'enlevèrent d'abord mes bottes et mon manteau. J'avais avec moi ma petite fille de 15 mois et mon fils de 7 ans 1/2. Dans la Richthofenstrasse, les Russes rassemblèrent les hommes, les femmes et les enfants. Puis ils séparèrent les hommes et les .femmes dans des locaux provisoires où on installa une pièce pour les viols.
« Ce fut d'abord le tour des femmes les plus jeunes. J'avais 39 ans à l'époque. J'ai été violée par trois soldats russes. Ces viols se répétaient tous les jours. Le septième jour fut pour moi le pire de tous. On vint me chercher le soir pour ne me libérer que le matin. J'avais des enflures grosses comme un bras aux deux cuisses, jusqu'aux genoux. Je ne pouvais plus ni marcher ni me coucher. Puis, on nous chassa et d'autres femmes nous remplacèrent. »
Le 9 février seulement, Schoepffer reçut l'autorisation d'évacuer la ville en perçant vers le nord-ouest, c'est-à-dire vers Dantzig.
Il ne restait plus sur place que 3200 soldats valides qui parvinrent, les armes à la main, à traverser les lignes russes. Ils emmenaient avec eux le bourgmestre, le Dr Leeser, 850 blessés et quelques centaines de femmes et d'enfants. Ils avaient dû abandonner derrière eux quelque 2400 soldats, grands blessés, et les derniers civils, terrés dans les caves de la ville en flammes.
Les Russes prirent alors possession de la vieille cité dont les rues étaient jonchées de cadavres. Puis ils firent refluer les civils survivants vers le sud, vers Preussisch-Holland. Quant aux blessés, ils furent achevés à la grenade ou d'une balle dans la nuque.
Avant de mettte femmes et enfants sur la route du sud, ils avaient pris leurs bottes ou chaussures. La neige était épaisse et les pauvres femmes entouraient leurs pieds, lorsqu'elles le pouvaient, de linges ou de chiffons.
Pour hâter le mouvement, les Russes jetaient parfois des grenades dans la foule, alors que d'autres tentaient de violer
-------------------------------------------------
Pendant que ces drames se déroulaient, au sud d'Elbing, du 22 janvier au 22 février, 450000 personnes franchirent cette couche de gel de 2 à 4 m de profondeur, selon les endroits, que des pêcheurs charitables avaient balisée de sapins fichés dans la glace.
Au moment où des arrière-gardes allemandes, sacrifiées, livrent une bataille désespérée pour empêcher l'accès des Russes à ce Haff qui les laisse indifférents, la masse des réfugiés se déplace à pied,
avec des chevaux tirant des carrioles ou des traîneaux, des voitures. qui, munies de peu de carburant, tombent parfois en panne et qu'il faut pousser à la main.
Ces vieillards, ces femmes, ces enfants supportent mal le froid ambiant et certains succombent. Dans une ville riveraine, Heiligenbeil, Paul Bernecker voyait « des enterrements chaque jour, dans le nouveau cimetière. Une compagnie de soldats creusait toute la journée de nouvelles et longues fosses, malgré le gel. Chaque après-midi, à 14 h 30, on enterrait environ 50 corps au cours d'une cérémonie commune. Et dans l'église voisine, de 1 700 à 2000 blessés gisaient couchés sur la paille )).
Sur la glace, en bordure des chemins suivis par les colonnes, on voyait cependant des vieillards ou des enfants mourants ou déjà morts de froid, de faim ou de soif. Personne ne s'en occupait.
Lorsque le soleil perçait le plafond gris des nuages, la panique s'accentuait, car les Stormovik (Ilyouchine II-2), des avions d'assaut, apparaissaient et venaient mitrailler le « trek )).
Cela dura jusqu'au changement de lune de fin février. Au cours de la nuit, la température remonta et la glace fondit au cours des jours suivants. Le Haff vit revenir ses eaux libres qui engloutirent tout ce que le « trek )) avait laissé sur sa route.
Tous les survivants avaient réussi à gagner Pillau à l'est ou Dantzig à l'ouest. Ceux qui à Pillau ne purent monter à bord des bacs pour accéder aux grands bateaux refirent à pied toute la route de la langue littorale (Frische Nehrung 1).
Cela dura vingt jours, mais dans une température supportable.
----------------------------------
Hildegard Rohmann se souvient :
    Les Russes visitaient les caves une par une. Leurs cris étaient toujours les mêmes: «Urri », «Urri.'» (les montres, les montres) ou « Frau, komm.'» (Femme, viens ici !)
 « Lorsqu'il n'y avait plus de montres, ils cherchaient les femmes qui se cachaient, dit Hildegard Rohmann. Mme T. fut même traînée dans une pièce voisine parce qu'elle ne pouvait plus marcher droit.
« Le soir du 9, les habitants de notre rue, une trentaine, furent rassemblés dans la plus grande cave, chacun avec ses bagages. Nous n'osions pas dormir, car les Russes revenaient de temps à autre chercher les femmes qui hurlaient de peur.
« Le matin du 10, on nous regroupa dans la rue avec les habitants du quartier.
« Une jeune femme s'écarta d'un soldat russe qui la touchait. Il l'abattit aussitôt, sous nos yeux, de deux coups de feu. Quelques semaines plus tard, le cadavre de cette femme était toujours devant la palissade de notre jardin, nu avec une fourche plantée dans le ventre. »
 Les Russes firent irruption dans l'hôpital où l'on soignait les blessés, civils et militaires.
    Ce qui frappa le plus les soldats russes, ce fut le groupe des infirmières. Jamais, semble-t-il, ils n'avaient vu autant de femmes rassemblées. Ils poussèrent des cris de victoire extraordinaires.
Ces jeunes filles en blouse blanche étaient dans la salle centrale dans l'attente des ordres, quand elles virent déboucher la horde de soldats. Ces hommes, qui avaient échappé par chance -à la mort, ni lavés ni rasés depuis des semaines, excités par l'alcool, étaient obsédés par le slogan lancé par Ehrenburg dans leurs journaux militaires : « La femme allemande est ton butin! »
Le troupeau de boucs se rua sur les jeunes filles comme après la traversée du désert. En un instant, au milieu des exclamations, toutes furent prises par sodomie. Les soldats avaient à peine eu le temps d'abandonner leurs armes.
Il n'y avait pas assez de femmes pour tous. Dès que les premiers se retirèrent, plus ou moins satisfaits, il y eut une deuxième vague, puis une troisième.    .
Les jeunes filles, épuisées, écorchées vives, ne parvenaient même plus à se relever tandis que les suivants - il y en avait toujours davantage - s'égaillaient dans tout l'hôpital.
Le Dr von Lehndorff qui était présent raconte:
« Dès 5 heures du matin; le 9 avril, rai été réveillé par le brouhaha et des pas précipités devant ma porte. - .
« Je réveille mon assistante et la prie de se préparer. "Qu'y a-til ? ", me demande-t-elle, encore endormie. " Je suppose que ce sont les Russes. Je vais aller voir. " " Les Russes.? Ah, ils viennent maintenant? Je les avais déjà oubliés! "
« Mon assistant ukrainien, Czerneéki, arrIve précisément pour aller les accueillir. Là, à côté, deux malades montrent leur tête: " Il Y a déjà deux Russes qui sont venus. Ils ont pris nos montres. Et Wally a déjà reçu une raclée. "
« Wally était une petite Russe courageuse qui travaillait avec nous. Je vais la voir. Elle est couchée par terre, entre les lits de malades, le visage plein de sang. Lorsqu'elle a voulu barrer la route à un Russe, celui-ci l'a prise par l s cheveux et lui a collé le visage au sol à plusieurs reprises. Sa mâchoire supérieure est brisée, plusieurs dents sont cassées. Elle n'a pas perdu conscience, mais ne dit plus rien.
« Dans le bâtiment principal, deux Russes fouillent une valise. En allant vers eux, j'éprouve un curieux sentiment. Sans doute celui qu'éprouve le chasseur d'ours lorsqu'il a oublié son arme. Nous nous approchons. Ils cessent de s'intéresser.à la valise et, nous mettant en joue avec leurs mitraillettes, ils. nous fouillent pour s'assurer que nous n'avons pas d'armes.
« Nous repartons vers les autres salles. Des chambres sortent des bruits de protestation plus ou moins étouffés. Ils sont occupés à sortir les malades de leurs lits et enlèverit leurs pansémé'nts pour voir s'ils cachent quelque objet précieux.
 « Il n'y a plus d'électricité et, au milieu des chambres, ils brûlent des papiers pour faire de la lumière.    ....  Ici et là, cela brûle tellement bien qu'il faut éteindre le feu. ... En vain, nous cherchons un officier, car si cela continue il ne va pas rester grand-chose de nous.    .... Dans la cour, dans l'ambulance, quelques jeunes infirmières se défendent contre des violeurs pressés.... Dans la salle d'opération, mon ..assistante est occupée à panser des malades. De nombreuses infirmières se sont réfugiées là, faisant semblant d'aider.    Plus loin, des Russes fouillent des soldats blessés et alités. Ils cherchent les montres et les bottes. L'un d'eux, un jeune Russe, éclate en larmes parce qu'il n'a pas encore trouvé de montre. Il lève trois doigts: il va fusiller trois hommes si on ne lui donne pas une montre tout de suite. Son désespoir a quelque chose de bouleversant. Czernecki entame avec lui un long pàlabre et finalemept on lui trouve une montre. Il disparaît, tout heureux.. Mon dernier espoir s'évanouit avec l'arrivée des officiers. Il n'y a aucun contact possible avec eux; ils refusent de parler. Toute infirmière qui traverse les couloirs est saisie au vol et entraînée au milieu des soldats. Avant même d'avoir compris ce qui se passe, elles sont relâchées, échevelées. Les plus âgées y passent les premières.Elles repartent, choquées, errant au hasard dans les couloirs. Et d'autres soldats leur tombent encore dessus... »    .

L'écho de ces... excès parvint jusqu'à Staline qui déclara:
« On sermonne trop nos soldats. Qu'on leur laisse donc un peu d'initiative 1 ! »